Feux de paille


Te souviens-tu ?

Te souviens-tu de ce chemin paresseux
Qui serpentait dans le bocage ouvert
A travers quelques champs langoureux
Parmi la pierraille et la bruyère.

Il menait à l’indulgente prairie
Qui à l’abri d’un rideau de verdure
Cachait nos ébats dans un délicat tapis
D’herbes dociles dorant sous le bel azur.

Te souviens-tu de cette ravissante querelle
Où ta bouche charmante me refusait un baiser
Faisait languir ces lèvres, ô cruelle !
Toute la longueur d’une brindille coupée.

Une lumière chaude inondait ta peau blanche
Ton visage laissait échapper un sourire d’enfant
Je tremblais comme cet oiseau sur la branche
Apeuré par le frémissement de nos coeurs aimants.

Te souviens-tu de ces caresses moissonnées
Ivres d’infini mes doigts roulaient sur ton corps
Laissant mourir des frissons inachevés
Dans un flot merveilleux qui ondule encore.

Le vent éperdu balayait tes cheveux dorés
Exhalait de ton âme des soupirs amoureux
Emportait dans un tourbillon le parfum illuminé
Ainsi que la flamme de nos rêves joyeux.

Te souviens-tu le bleu du ciel ingénu
Sur lequel jouait le clocher en feu
Egrenant tel un hymne des murmures émus
Aux rires épanouis qui flambaient dans les cieux.

J’ai respiré la douce haleine de ton cœur
J’ai bu l’immense tendresse de tes yeux
Ai perçu le chuchotement du bonheur
Du baiser qui apaise et qui rend heureux.

L’été consume l’écho déjà lointain
De ces amours et de ces désirs abandonnés
Pour une larme sur des souvenirs mesquins
Que me laisse une mémoire effrontée.


Sentiers Poétiques ©1998 par Vincent Di Sanzo
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