Feux de paille


La fenaison

La lumière du temps exhale des souvenirs fanés
Sur le chemin pierreux oublié des vacances
Pour ces travaux champêtres dignes d’un été
En ce pays de bocage riant et de tendre enfance.
Le vent éperdu ondule les herbes foisonnantes
Forces vives mûries par un soleil ardent
Qui rayonne au dessus de la prairie verdoyante
Fleurie par quelques pluies en un si doux printemps.
Adieu narcisse des poètes disséminé dans le fol herbage
Pour toi l’ami, l’heure de la fauche a sonné
Tu dois disparaître pour nourrir ces bêtes qui vivront de fourrage
L’hiver venu dans l’étable cloîtrées.
L’air flamboyant fini de sécher le pré minuscule
La fauvette s’est envolée, les abeilles se sont tues
Bientôt l’andain s’en va tel un funambule
Métamorphosé en une myriade de bottes étendues.
Qu’il nous fallait hisser à la pointe de nos fourches
Travail éreintant, dure peine pour ces corps tannés
Gorges asséchées par ces nuages de poussière
Mais o joie de l’effort partagé pour la petite communauté.
Le ciel et la terre s’unissent enfin béats
Sur le champ solitaire et mordoré
Seul le parfum végétal du foin délicat
Emporte mon âme comme une brindille abandonnée.


Sentiers Poétiques ©1998 par Vincent Di Sanzo
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