Feux de paille


Quand les hivers étaient blancs

Nous vivons aujourd’hui des hivers capricieux
Le ciel a dissout les neiges de mon enfance
Il me faut plonger au seuil clos de mes errances
Pour faire à nouveau défiler ces tableaux langoureux.

Alors que les gens raisonnables restaient blottis au coin du feu
J’allais seul le long de ces chemins blanchis
Sans crainte pour l’écir, le coeur affranchi
Dans un monde déserté, immobile et merveilleux.

Bruit cotonneux de mes pas défricheurs
Marques éphémères dans la poudre profonde
Le vent figeait mon visage dans une pensée vagabonde
L’air frais m’enivrait, je marchais sans rancoeur.

Le tintement des sonnailles n’était plus
Ne restait que le murmure d’un ruisseau en sursis
Près de ces arbres dévêtus aux bras rabougris
Fantômes d’une terre embaumée et joufflue.

Regrets des espaces vierges et purs de mon beau pays
Tourbillons de rêves pour ces flocons voltigeants
Ma bouche exhalait un souffle chaud évanescent
Sur les combles des souvenirs enfouis.


Sentiers Poétiques ©1997 par Vincent Di Sanzo
vous pouvez envoyer un courrier à l'adresse suivante : vdisanzo@teaser.fr
ou bien signer le livre d'or.