Feux de paille


La forêt

Je m’en allais seul le long de ce chemin herbeux
Promener mes songeries au détour d’un bosquet
Un vieux colombier montait la garde, ce bienheureux
Tandis que je glissais dans la vaste forêt.

Vivre avec toi, mausolée de ma tristesse
Dans le parfum âcre de vénérables sapins
Sombre confrérie qui m’entoure de sa hautesse
Sur un tapis de velours jonché de pommes de pin.

Monde jadis hanté par le loup et par le lynx
Je tremble comme cette feuille qu’impressionnent les mystères
Sonde l’épaisseur de ton abîme véritable sphinx
Sous ton regard qui me guette et ignore les frontières.

Les bruissements courent au gré de mes pas funèbres
Un scarabée noir marquant le terreau mouillé
S’enfonce un peu plus dans l’arcane des ténèbres
Jusqu’aux ronces qui refusent de me laisser passer.

Il n’est que l’arôme de la sève pour me guider
Vers ce charmant sous bois plein de fougères
Que perce l’aurore dans cette clairière illuminée
Où brûle l’or des genets sur la bruyère.


Sentiers Poétiques ©1997 par Vincent Di Sanzo
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