Le soir charmant


Vendredi

Je dois encore me contenter de ces quelques mots pour entrer en communion avec toi. Que fais-tu ? Où es-tu ? Déjà l'inquiétude d'une vie bien remplie et loin de moi trouble mon esprit. Que m'importent la beauté d'une fleur, d'un tableau, d'un livre ou d'une nuit étoilée si je te sens seule là-bas. Que m'importent les joies de la vie si tu es triste et malheureuse loin derrière cet horizon gris.

Et c'est pourquoi j'ai envie de bâtir, jour après jour, cette intimité profonde pour amener nos âmes à mieux se comprendre, à mieux se parler et à mieux partager. Aujourd'hui c'est encore un idéal que je caresse. Aussi je te propose de parcourir ensemble, main dans la main, un bout de ce chemin.

Je ne sais pas pourquoi je t'imagine chagrine ce soir. Disons que tout le monde a, un jour ou l'autre, ces petits malheurs qui forgent notre existence. Et si dame tristesse un jour t'habite je voudrais que tu puisses compter sur moi pour t'épauler et te consoler. Je n'ai pas de charme secret ni d'encens magique mais un peu de tendresse et d'affection, tout simplement.

Bien sûr je ne sais pas mieux qu'un autre régler les problèmes ni aplanir les difficultés mais je suis prêt à t'écouter si tu veux te confier à moi. Je n'ai comme toute richesse que le baume de mes pensées à t'offrir. Je ne sais pas ce qui t'attriste et n'arrive pas à imaginer ces perles de pluie s'écouler le long de ton visage qui s'éclaircit, percé d'un sourire que tu sais si bien dispenser.

J'aimerais te parler de tout, de la vie, des livres, de musique et de philosophie. J'ai peur de t'ennuyer mais surtout je t'en prie ne sois pas indifférente à mes cris ! Rien n'est plus difficile à supporter que l'indifférence. On peut être méprisé ou bien aimé c'est la preuve qu'on n'est pas seul ni oublié, c'est la preuve qu'on existe. Et c'est vrai, aujourd'hui le monde est malade d'égoïsme, de vanité et d'individualisme. Et pourtant le cataplasme est si facile à trouver, un peu de sentiment, un peu de curiosité et un peu de sympathie.

C'est pourquoi j'ai envie d'éprouver toue ces sentiments. J'ai envie de les faire vivre pour ne pas vider mon âme de sa substance, de son soleil. Grâce à toi je revis, tu es l'éclair qui m'a foudroyé. Tu es la source à laquelle je puise cette inspiration, ce bonheur et cette espérance.

Viens, viens parler avec moi. Nous parlerons de tout et de rien. Je préfère une intime discussion même si elle est inutile parce que j'entre en communion avec l'autre. Je le sens, il pénètre mon esprit. C'est à ce moment là que le charme s'opère et que je me sens heureux.

Je vaudrais pouvoir me transporter auprès de toi, venir à tes pieds, te réciter un tendre poème, baiser ta main et tout doucement attendre le matin. Il faut être deux pour espérer l'aurore.

Je viens de rafraîchir mon souvenir voilé par un tendre sourire qui me fait rêver. Pincement de coeur et joie profonde. Emerveillement et chaleur. Cette image, non seulement me jette dans une rêverie poétique mais inonde mon âme et bientôt l'occupe et la remplit entièrement.

Par moments je me demande, mais pourquoi toi, oui pourquoi toi, pourquoi pas une autre, qu'est-ce qui m'a fait succomber, quel pouvoir as-tu sur mon âme, quelle emprise resserre mon esprit ou plutôt l'exalte. Car je ne l'ai jamais senti aussi vif et passionné qu' aujourd'hui. Qu'est ce qui en moi provoque un sentiment que peut-être ma raison désavoue ?

Ce que j'aime en vous : cette longue et voluptueuse rêverie où je tombe dès que je pense à vous.

Ah je voudrais (si peu) rester maître de moi-même, combattre ces chimères, gouverner ces désirs, cette imagination, ne pas anticiper le bonheur que je pourrai partager avec toi mais j'ai trop besoin de vivre cette intimité morale et affective. J'ai trop envie de partager ces pensées et ces sentiments avec toi. J'ai une envie folle de tout, de te parler, de me sentir libre, de solitude aussi.

Mon plus vif désir serait de te faire partager l'amour d'un livre, l'amour de la musique qui charme mon âme. Et c'est alors quand j'arrive à faire partager à quelqu'un d'autre un plaisir. Que je suis le plus heureux des hommes.

Mon coeur bat comme s'il disait "Mais enfin, satisfait donc mon désir ...". Je crois sentir en moi le printemps, le réveil du printemps, je le sens dans mon coeur et dans mon âme. Mon printemps c'est toi. Et l'ivresse m'emporte ...

Et je meurs de ne savoir, cette attente qui n'aboutira peut-être jamais rend mon coeur malade. Mais j'ai confiance. Je crois en toi et en ta bienveillance comme certains croient en Dieu. Montre moi le chemin qui mène à toi et je le suivrais. Je me tourne vers toi et je t'adresse mes prières, humblement. Mais rassure-toi tu n'es pas une idole que je respecte et vénère, tu es plus que cela, tu es mon soleil, tu es ma déesse humaine. Et ton pouvoir infini me fascine.

Pardonne moi cette folie douce mais j'ai besoin d'un idéal, j'ai besoin de toi. Car tu es pour moi l'incarnation de cet idéal ...


Sentiers Poétiques ©1997 par Vincent Di Sanzo
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