Le soir charmant


Mardi

Aujourd'hui je voulais forcer le destin pour enfin pouvoir approcher ta douce voix. Mais quel combat encore m'a t-il fallu mener pour réussir à vaincre cette profonde timidité. Et je t'assure quels palpitements secouaient mon corps au moment de composer ce numéro magique qui me conduirait à toi.

J'ai hésité longuement puis au premier son de ta voix les battements de mon coeur se sont apaisés. J'ai littéralement bu toutes tes paroles, charmé par la douceur de ta voix. Bien empêtré à placer mes phrases mais si heureux d'imaginer le léger mouvement de tes lèvres suaves.

Mais si la portée de tes mots n'étaient pas à la hauteur de ma chimérique espérance j'y puisais la sève d'une nouvelle idylle, d'un sentiment encore inconnu pour moi. Je suis peut-être parti à l'assaut d'une imprenable forteresse mais mon ardent désir tendre et sincère viendra à bout de ma naïveté.

Je cherche les mots justes pour mieux exprimer cet idéal qui me conduit. M'aideras-tu à créer ce lien que j'implore ou bien me laisseras-tu me flétrir comme cette étoile qui se meurt dans l'infini, comme cette fleur qui se fane et se dessèche profondément meurtrie.

Je t'interpelle et jamais tu ne me réponds, pourtant je sais que tu es là, il me suffit de fermer les yeux pour que ton visage apparaisse mais je dois me retenir pour ne pas être envoûté par ce regard qui me hante.

J'ai mal, mal de ne pas savoir ce que je cherche vraiment, mal de craindre d'être rebuté où tout simplement incompris, mal de peur de faire du mal alors que je ne souhaite que du bien. Peur de ne pas savoir m'arrêter.

Aujourd'hui, alors que j'écris ces mots que tu ne liras jamais, je vis un grand rêve fait de passé et d'espoirs.

Peut-être même que si tu étais là je ne saurais pas comment t'aborder car enfin je te connais si peu. Mais l'envie de te connaître mieux est si forte en moi qu'un jour j'oserai, je crois. J'oserai comme lors de cette soirée où le courage m'avait, l'ombre d'un instant, habité.

Qui donc a dit, qu'entre homme et femme, c'est souvent une phrase naïve et presque sotte, dite par la femme, qui donne à l'homme l'invincible envie de baiser cette bouche enfantine ...

C'est terrible mais dès que je veux poser mon crayon une nouvelle idée traverse mon esprit. J'ai l'impression d'assister à une naissance, mais à une naissance de quelque chose de mystérieux. En tous les cas c'est long à venir, à l'échelle de ces heures qui s'écoulent lentement pendant ton absence mais qui se volatilisent quand je suis avec toi alors même que tu ne le soupçonnes pas. C'est drôle non ?


Sentiers Poétiques ©1997 par Vincent Di Sanzo
vous pouvez envoyer un courrier à l'adresse suivante : vdisanzo@teaser.fr
ou bien signer le livre d'or.