Poésies 2


Prisonnier

Une lueur voilée et blafarde fixe ma pensée. Un silence si léger, troublé par quelques sons brefs confus et discordants venant de l'extérieur, une paix toute relative plutôt mélancolique voir déprimante règnent dans la pièce. Neuf mètres carrés, pas un de plus. J'ai froid et ne peux bouger, prisonnier entre ces quatre murs. Je me sens seul, atrocement seul, et cet isolement m'étouffe et m'accable. L'ombre de ma tête ne cesse d'avancer sur ce mur fragile et fissuré. J'ai mal et suis rempli de frissons. En cet instant sombre et figé mon esprit baigne au plus profond de la pénombre. J'aurai besoin de douces paroles et d'un amour tendre et chaud ...

Cet amour existe. Mais voilà, tu es partie, et qui plus est, le souvenir d'un bonheur passé reste fortement ancré dans ma mémoire. Dans cette pièce flotte encore un parfum si léger et si tendre, je me heurte encore à ta présence, par moment le désespoir me pousse jusqu'à fermer les yeux, espérant te revoir devant moi, en vain, tu n'es pas là, ta silhouette se dissipe. C'est dur de combattre les souvenirs, mais il faut que je lutte afin de refouler cette imagination qui me fait te revoir près de moi. Mon amour, si tu savais ma tristesse, si tu savais tous les pleurs que j'ai versés depuis ton départ, si tu savais tous mes désirs et toutes mes angoisses ...

Je suis encore sous le charme de ta présence, il faut que je me raisonne, n'est-ce-pas ? Mais je voudrais tellement parler, parler aide à sortir des situations difficiles, mais je n'arrive pas à trouver les mots ... Je voudrais aussi entendre ta voix, t'écouter prononcer de douces paroles, te serrer dans mes bras, mais voilà je dois me contenter de t'envoyer mon amour tendre et profond, ma douceur, je dois me contenter de rêves. Quand tu étais près de moi, je n'avais aucun rêve. Maintenant que tu es partie il va falloir me réhabituer à cette absence. Toi, toi que j'aime, ma nécessité, ma raison de vivre, mon regard tendre, mon doux repos, tu es partie, oui, tu es partie ... et je reste seul, prisonnier de nos souvenirs.


Sentiers Poétiques ©1996 par Vincent Di Sanzo
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