Poésies 1


La forêt

Le soleil répandait une lumière molle et caressante
Sur une nature à peine réveillée et si tendre.
Quelques discrets et mystérieux frémissements répondaient au jour naissant.
Un calme bienfaisant enchantait mon esprit troublé.
Car je te savais sur le chemin qui menait à cet endroit si paisible et si charmant.
Tu étais venue avec ces petits chagrins qu'efface si bien le vent d'ici
Tu étais venue avec un coeur tourmenté que sait si bien apaiser
le baume de nos forêts.
Tu étais venue oublier le temps d'un instant ton existence morne et livide.
Ton attachement à ce paysage te ramenait toujours ici et moi je t'attendais.
Je t'attendais plein d'espérance et heureux, ayant confié
mon bonheur et ma raison à cette douce montagne.

Je perçus un bruit faible presque inaudible qui semblait se diriger vers moi.
Je n'osais plus respirer, c'était un bruit de pas feutré,
un bruit étouffé qui révélait une démarche légère.
Je sentais mon coeur battre de plus en plus fort, cela ne pouvait être que toi.
La lumière se faisait plus brillante et pénétrait la forêt.
Des sons brefs mais trop confus venaient troubler mon esprit.
Je me jetais au devant de ces gros rochers pour atteindre le sentier
qui faisait résonner tes pas de plus en plus proches.
Je m'avançais sur ce doux chemin qui me mènerait à toi.
C'est alors que tu m'apparues, le soleil éclipsé dessinait ce corps
que je connaissais bien sur ce demi-jour.
Tu étais là, vêtue d'une légère robe qu'un vent complice
et malicieux soulevait, tu étais venue à moi.
Et tous deux, enfin nous allions pouvoir réaliser nos plus vifs et nos plus intimes désirs.
Je m'élançais jusqu'à toi et te serrais très fort dans mes bras.
Nous baignions dans une chaleur exquise émanant d'un embrasement sensuel et amoureux.
Quel charme avait notre rencontre, quelle douceur, quelle tendresse !
Ton parfum se mêlait aux senteurs si fines mais si pénétrantes qu'exhalaient la nature.
Tes cheveux étaient si soyeux que j'aimais y noyer mon visage.
Ma bouche effleura tes lèvres si douces et si chaudes que mon corps fut pris de frissons plaisants.
Nos regards finirent par se rencontrer, tout timides mais si tendres.
Je te pris la main et nous fîmes nos premiers pas sur le chemin du bonheur à deux.

Le soleil surprenait par la vivacité et l'intensité de ses rayons
la nature encore mal éveillée.
Mais les sons qui montaient jusqu'à nous devenaient plus forts, plus détachés.
En bas, les villageois grouillaient sur la place de l'église
et s'affairaient à leurs occupations.
Ici, encore, le tumulte d'une vie adverse n'était point parvenu.
Et nous sentions bien tous deux notre bonheur.
Je te conduisais au travers d'un paysage pur, pittoresque, que nous admirions.
Bientôt une forêt se présentait à nous.
Déjà ses parfums embaumaient notre tendresse.
Sapins, cèdres, fleurs nous accueillaient.
Comment résister à ces multiples teintes, à ces doux bruissements.
Un tapis de mousse nous invita à nous asseoir.
Au-dessus de nos têtes un oiseau sortait furtivement d'un arbre
dont le feuillage laissait passer un rayon tenace.
Une feuille se détacha et vint se poser délicatement sur le sol après nous avoir effleurés.

Tout était merveilleux, toi ma chérie, la nature, notre amour.


Sentiers Poétiques ©1996 par Vincent Di Sanzo
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