Poésies 1


Petit ruisseau

Qu'il était dur de dissimuler ma peine et mon visage angoissé
devant ma chérie en pleure je ne savais que dire
et pour vouloir parler ai prononcé des mots si niais
que je regrettais d'avoir troublé ce silence où je laissais
échapper un sourire.

Ma chérie ce soir je cherche des mots feutrés
Pour exprimer tout ce que notre amour a de beau
Mais ces mots légers, ceux de notre amour à tous deux
Je crois que je les ai laissé dans ce petit ruisseau.

Te souviens tu de ce petit ruisseau
Qui vivait de mélancolie dans sa course sans fin
Nous nous y sommes promenés le temps d'un été, toi et moi
Nous marchions dans l'eau libre.
Calme et secret, qu'il était clair
Notre petit ruisseau.

Mais surtout qu'il était beau
Dans son lit douillé
Bordé d'herbes hautes
Et de branches qui le frôlaient
Sa tendresse m'émerveillait
et apaisait nos âmes dociles.

Nous étions là, les pieds dans l'eau
L'eau jusqu' aux genoux
Les pantalons retroussés
Ta main dans la mienne
Et mes yeux sur ton reflet
Tout était clair.

Nous sortimes de l'eau
Et nous couchâmes sur la berge
Qui était couverte d ' un tapis d ' herbe moelleux
Là-haut le soleil nous envoyait ses rayons ardents
Mais qui, une fois sur nous n'étaient plus que tiédeur.

Je te serrais tout contre moi
fermais les yeux et respirais fort
Très fort ton parfum mêlé aux senteurs de la nature.
Tout était calme, même notre petit ruisseau
Qu'un léger murmure laissait deviner.

Nous étions seuls
Seuls à pouvoir le troubler
Nous déposâmes nos vêtements sur l'herbe
Et sentîmes un vent léger et tiède
S'enrouler autour de nos corps nus.

Nous gouttions tous les plaisirs de la nature et de la liberté
De nos corps et nos âmes enfin s'échappait tout ce qui
nous violait depuis longtemps
Tout, tout s'envolait, se dissipait dans cet air, cet air d'un été
Nous n'étions plus faits que de gentillesse et d'amour
Et désormais plus rien d'autre ne comptait.

La lumière se faisait douce, l'ombre légère
L'air caressant et le ciel ardoisé
Nous nous sentions légers
Aussi légers que ce brin d'herbe
Qui n' avait plus aucun lien avec la terre
et qui volait suivant les caprices du vent.

Tu étais là, ma chérie
Les formes de ton corps épousaient
harmonieusement celles de ce paysage merveilleux
Tout était rondeur, douceur, légèreté.
Tu es belle, tu sais.

Je voulais m'enliser dans ce bonheur
M'évanouir là, à tes pieds
Prétendre à un doux repos
Tout était si beau, si simple.

Qu'il était beau notre amour
Qu'il était doux notre repos
Près de ce petit ruisseau !


Sentiers Poétiques ©1996 par Vincent Di Sanzo
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