GUY DE MAUPASSANT
1850 - 1893

Une seule caresse donne cette sensation profonde, immatérielle des deux êtres ne faisant plus qu'un, c'est le baiser. Tout le délire violent de la complète possession ne vaut cette frémissante approche des bouches, ce premier contact humide et frais, puis cette attache immobile, éperdue et longue, si longue ! de l'une à l'autre.

Je pris et je baisai ses doigts; elle trembla
Ses mains fraîches sentaient une odeur de lavande
Et de thym dont son linge était tout embaumé.
Sous ma bouche ses seins avaient un goût d'amande,
Comme un laurier sauvage ou le lait parfumé
Qu'on boit dans la montagne aux mamelles des chèvres...
Elle se débattait; mais je trouvai ses lèvres !
Ce fut un baiser long comme une éternité,
Qui tendit nos deux corps dans l'immobilité.


Le Cahier à Spirales ©1996, 1997 par Vincent Di Sanzo
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