ULRICH GUTTINGUER
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A toi

A toi ma voix, mes chants, mon regard et mon sourire
Les désirs de la nuit, les songes du sommeil,
Les rêves de mon coeur et mon triste délire
A l'heure du réveil.

A toi ce long regret dont m'accable l'absence,
Ce chagrin renaissant de ne jamais te voir;
A toi ce doux transport lorsque de ta présence
Je ressaisis l'espoir.

A toi ma solitude et le monde et ses fêtes;
C'est par ton souvenir que ces biens me sont doux,
A toi le sombre éclair des fureurs inquiètes
Et du soupçon jaloux.

A toi le repentir, le reproche sévère
Dont je punis mon coeur quand il doute de toi;
A toi les tendres voeux et l'ardente prière
Qui t'implorent pour moi.

Si j'entends quelquefois les harpes qui frémissent,
Si d'adorables voix cherchent mes souvenirs,
Je dis quand leurs accents dans mon coeur retentissent,
A toi tous mes plaisirs !

Si quand l'herbe fleurit dans la fraîche vallée,
Sous des abris naissants errent mes pas rêveurs,
Si j'entends mille oiseaux dire sous la feuillée
Des chants consolateurs.

Aux liens d'ici-bas si mon âme ravie,
Dans la douce prière aborde le Seigneur,
Je dis, pleine d'espoir des biens d'une autre vie
A toi tout mon bonheur !

Oui, de toi tout me vient, à toi je veux tout rendre,
Et les biens que je donne, et ceux que je reçois,
Et cet accent du coeur que tes yeux font si tendre,
Et qui tremble en ma voix.


Le Cahier à Spirales ©1996, 1997 par Vincent Di Sanzo
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