AMABLE TASTU
1798 - 1885

Rêverie

Alors que sur les monts l'ombre s'est abaissée,
Des jours qui ne sont plus s'éveille la pensée,
Le temps fuit plus rapide, il entraîne sans bruit
Le cortège léger des heures de la nuit.
Un songe consolant rend au coeur solitaire
Tous les biens qui jadis l'attachais à la terre,
Ses premiers sentiments et ses premiers amis,
Calme d'un âge heureux, pure et sainte ignorance,
Amitié si puissante, et toi, belle espérance,
Doux trésors qui jamais ne me seront rendus,
Ah ! peut-on vivre encore et vous avoir perdus !

Plainte

O monde ! ô vie ! ô temps ! fantômes, ombres vaines,
Qui blessez à la fin mes pas irrésolus,
Quand reviendront ces jours où vos mains étaient plaines,
Vos regards caressants, vos promesses certaines ?
Jamais, oh ! jamais plus !

L'éclat du jour s'éteint aux pleurs où je me noie :
Les charmes de la nuit passent inaperçus;
Nuit, jour, printemps, hiver, est-il rien que je voie ?
Mon coeur peut battre encor de peine, mais de joie,
Jamais, oh ! jamais plus !


Le Cahier à Spirales ©1996, 1997 par Vincent Di Sanzo
vous pouvez envoyer un courrier à l'adresse suivante : vdisanzo@teaser.fr
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