RAMOND DE CARBONNIERES
1753 - 1827

La solitude

Je suis seule, mécontente, au sein de la nature;
Quand tout chante l'amour à mes sens émus,
Tout est muet, et l'onde, et l'ombre, et la verdure :
Avec le monde, Hélas ! mon coeur ne s'entend plus ...
... Incertaine, j'erre dans nos plaines,
Ignorée, sans secours, étrangère au bonheur.
Dans quel sein épancher mes peines ?
Quel est le coeur, hélas ! qui réponde à mon coeur ?

Quand mes jours s'éteindront dans la nuit éternelle,
Sur ma cendre glacée un amant fidèle
Ne viendra point verser de pleurs.
Au milieu d'un vallon tranquille,
S'élèvera ma tombe- Hélas ! sur cet asile,
Quelle main gravera mon nom et mes malheurs ?
Aucun sentier, sur cette fosse obscure,
D'un ami gémissant me trahira les pas.
Le voyageur, errant à l'aventure,
Foulera seul le siège du trépas ...
... Jamais !... O vers où mon âme soupire,
Vous le savez encor.
Ah ! si jusque sur vous la mort
N'a pas étendu son empire,
Autour de mon tombeau, redites chaque jour,
Dites à tout ce qui respire,
Le nom chéri, et celui de l'amour.


Le Cahier à Spirales ©1996, 1997 par Vincent Di Sanzo
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