HERCULE DE LACGER
1600 - 1670

Sonnet

Qu'ay-je fait mal'heureux, quelle audace indiscrette
A porté mes regards sur cet Astre d'amour ?
Pensois-je resister à qui tout fait la cour,
Et voir sans passion une beauté parfaite.

Ah l'amour punit bien la faute que j'ay faicte,
Ses plus cruels tourmens me gesnent tour à tour,
Je brûle, je soûpire, et je perdray le jour
Avant qu'on scache rien de ma flame secrette.

Hélas ! il se faut taire, il faut dissimuler,
Le respect me l'ordonne et je ne puis parler
Sans déplaire à l'objet dont la beauté me touche :

Mais j'ay tort, et j'esclatte en regrets superflus,
Si mes yeux osent tout, que peut dire ma bouche
Qu'un regard languissant n'en die encore plus.

Madrigal

Quoy que sous le cruel empire
Du bel objet qui m'a charmé
Je souffre un rigoureux martire
Et que j'aime sans estre aimé.
Je ne puis me resoudre à perdre sa presence :
Au poinct où mon coeur est espris,
Haine, desdains, fierté, mespris,
On vous souffre mieux que l'absence.


Le Cahier à Spirales ©1996, 1997 par Vincent Di Sanzo
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