La Venta, Campeche et Edzna

Dimanche 16 octobre,

Villahermosa est une grande ville sans grand charme et d'ailleurs ne sera l'objet que d'une courte étape. Par contre elle comporte un parc musée très intéressant où ont été regroupés tous les vestiges de La Venta qui a vu son site archéologique détruit à la suite de la découverte de pétrole dans la région.

La Venta était un centre politico religieux habité par les Olmèques de 1200 à 400 avant JC. Cette civilisation est considérée comme une des plus anciennes de la Méso-Amérique. Au hasard de notre promenade dans cet agréable jardin tropical nous découvrons des têtes géantes taillées dans du basalte, une d'entre elles atteint les 25 tonnes. Mais chose curieuse que le faciès de ces visages, lèvres épaisses et nez très large. Quel rapport entre ces caractères négroïdes et le faciès des Olmèques. Et cette coiffure qui ressemble à un casque qui couvre la tête jusqu'aux oreilles. Hommes ou dieux ?

Bien réels ces innombrables ratons-laveurs qui déferlent sur nous dans l'espoir de nous arracher quelques nourritures. Debout sur leurs pattes arrières ils quémandent avec insistance dans un piaillement effroyable.

De nombreuses statues et quelques autels ornés de sculptures sont dispersés ça et là. Un personnage assis dans une niche tient un enfant sur ces genoux. On n'ose y penser mais cet enfant a peut-être été sacrifié au dieu de la pluie dans un rite des plus cruels. Plus loin une femme, la poitrine nue, surgit des crocs d'un jaguar. Ici des personnages casqués flottent curieusement dans l'espace, formant une scène des plus étranges.

Nous quittons Villahermosa pour gagner Campeche qui est située sur la côte ouest du Yucatan. L'hôtel est située en bord de mer près de la muraille Baluarte. La ville est calme, au loin un navire rejoint l'horizon. Le soleil orangé plonge doucement dans la mer dorée, disparaissant de temps en temps derrière des nuages zébrant le ciel.

Après un repos bien mérité nous marchons un peu le long de la mer, histoire de digérer pieuvres et gambas. Notre promenade nous amène près de la cathédrale, la foule a envahie un square où dans un kiosque une fanfare joue pour fêter la San Francisco. De retour à l'hôtel nous nous offrons une petite tequila.

Lundi 17 octobre,

Ce matin nous partons pour visiter Edzna qui est un petit centre cérémoniel maya. Ce site est célèbre pour son temple à cinq étages. En fait de pyramide il s'agit de cinq niveaux de pièces adossées à une butte. Effet trompeur, la multitude d'entrées ne conduit qu'à une seule et étroite chambre. Un escalier central mène à la plate-forme où se dresse une crête faîtière. Les marches sont sculptées de nombreux glyphes bien conservés.

De ci de là des pyramides se dressent parmi la végétation dense. De nombreuses stèles sculptées parsèment le sol. Souvent elles représentent des personnages dotés d'une coiffure inextricable, quelques glyphes énigmatiques venant commenter la scène. On sait que ces fameuses stèles sont des marques du temps maya. Ils en érigeaient à la fin de chaque période de 20 ans, les katun.

Pour noter et calculer le temps les Mayas ont inventé l'écriture et les mathématiques, ils ont élaborés des calendriers aussi précis que les nôtres. Les dates mayas gravées sur ces stèles sont représentées par le nombre de jours écoulés depuis un point de départ chronologique (3113 avant JC.). Leur système de calcul était en base 20 et ils utilisaient le zéro bien avant notre civilisation.

Sur le retour vers Campeche le ciel s'obscurcit brusquement et laisse échapper quelques gouttes. La saison des pluies s'éloigne avec regret.

Campeche est une ville fortifiée et conserve de nombreuses murailles intactes ponctuées ça et là de palmiers dattiers. La vieille ville est irriguée de ruelles pavées plutôt sombres. Nous passons près d'une école qui semble être un pensionnat. Les élèves tous vêtus de tuniques vertes, couleur de l'établissement, sourient et piaillent à notre vue. Les fenêtres ouvertes d'une pièce, aux barreaux un peu tristes, nous laissent découvrir l'intérieur d'une classe telle que nous avons pu les connaître dans les villages de notre jeunesse, parquet en bois poussiéreux, tables et bancs en bois d'un autre âge, vieux tableau noir accroché au mur ...

Cette école du passé contraste avec le palais du congrès, édifice d'une architecture toute moderne que n'aurait pas renié Le Corbusier.


Copyright ©1996 par Vincent Di Sanzo
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