Oaxaca, Monte Alban et Mitla

Lundi 10 octobre,

Aujourd'hui une longue étape nous attend, Acapulco-Oaxaca. Bien qu'effectué en avion le trajet est interminable car à la suite de problèmes provenant d'Aéromexico il nous faut passer par la capitale, cinq heures d'avion au lieu des deux prévues. Nous atterrissons vers midi, le ciel est nuageux laissant échapper quelques gouttes.

Oaxaca est surnommée la ville de jade en raison de la couleur légèrement verte des pierres utilisées pour les constructions. Celles-ci reflètent particulièrement la période coloniale. De nombreuses églises témoignent de l'influence des missionnaires catholiques d'alors. Notre ballade nous amène du zocalo ombragé vers la cathédrale. D'aspect simple elle comporte deux tours massives et une belle façade baroque.

Le zocalo d'Oaxaca est un des plus agréables que nous avons rencontrés jusque là, on peut rester des heures assis sous un arbre à regarder passer les indiens de la région. C'est d'ailleurs là que nous retrouverons, par hasard, Abel. Assis sur une bordure, face à la cathédrale, il lisait nonchalamment son journal. Laissant là notre guide nous continuons notre promenade. Nous approchons d'un charmant petit marché artisanal, plazueleta Labastida, les murs sont couverts de vêtements plus ou moins bariolés, en laine ou en coton. Une indienne travaille à son vieux métier à tisser. Autour d'elle ses enfants s'amusent sagement. Catherine se laisse tenter par un magnifique chemisier en coton brodé, et moi par deux jolis dessins sur écorce.
Nous poursuivons notre promenade dans les rues d'Oaxaca, à chaque porche d'église de nombreux indiens assis par terre essaient de vendre le fruit de leur travail. Nous abordons un quartier où les habitations sont plutôt décrépies. Dans la rue passent de vieux autobus, des Dodge bariolés plus ou moins branlants.

Nous arrivons au marché couvert de la ville, il paraît immense avec ses innombrables allées. Haricots, maïs, manioc, piments, poivrons, crevettes de tous calibres, viandes séchées abondent. Une vieille femme nous aborde avec son panier sous le bras, elle nous tend un sachet en plastique contenant, oh surprise, des sauterelles grillées, il paraît qu'elles sont très bonnes à l'apéritif ...

Nous passons devant le marché aux fleurs, les étals croulent sous le poids de magnifiques compositions florales.

La fin de l'après-midi approchant nous retournons à l'hôtel Fortin Plaza, celui-ci est particulièrement agréable, un peu en hauteur, magnifiquement décoré de dessins aztèques, de sculptures, de plantes vertes et de fleurs. Un massif de plantes a été aménagé autour d'une ancienne meule à grains. La chambre est spacieuse, la décoration simple mais de bon goût. La terrasse domine la piscine qui est traversée par un petit pont plutôt romantique. Au cours du repas Catherine ressent quelques turbulences digestives et nous abandonne. Je profite de cette soirée calme pour me reposer et feuilleter la bible trouvée dans la table de chevet.

Mardi 11 octobre,

Oaxaca est située dans une région où dominèrent les Zapotèques. Nous partons en excursion pour Monte Alban, une de leur capitale. Cette cité précolombienne a été construite au sommet d'une montagne qui semble avoir été arasée. Le site est particulièrement étendu et nous devons marcher longuement pour atteindre la place centrale. La végétation y est très vivace, les mexicains doivent sans cesse arracher les plantes qui envahissent les vestiges. La place centrale est entourée par de nombreuses plate-formes qui devaient être surmontées par des temples. Au nord-est se trouve le jeu de balle très bien conservé et entretenu. Au centre de la place le fameux observatoire. Près du temple des Danseurs nous trouvons de bizarres reproductions de bas-reliefs représentant des mystérieux personnages qui pourraient être des ennemis vaincus. Monte Alban comporte aussi de nombreuses tombes dont une qui contenait un véritable trésor maintenant exposé au musée d'Oaxaca. Assailli par quelques vendeurs de souvenirs nous cédons à la tentation et repartons avec une statuette représentant le dieu du maïs.

De retour à Oaxaca nous nous dirigeons vers l'église Santo Domingo qui est une jolie construction baroque. Le musée se trouve dans l'ancien couvent dominicain accolé à l'église. Le couvent comporte un agréable patio au milieu duquel prône une belle fontaine. Les objets d'art zapotèques et mixtèques sont remarquablement exposés. Statuettes, masques et crânes en or finement ciselés, pectoraux, bagues, tous les objets révèlent un savoir faire et un art extraordinaire. Les stèles trouvées à Monte Alban portent les premières inscriptions témoignant de l'usage d'une écriture.

Près d'Oaxaca se trouve le site de Mitla, vestige d'une autre cité zapotèque. Chemin faisant nous marquons une halte à Tula pour y admirer le fameux séquoia géant de quinze mètres de diamètre. Il serait âgé de plus de mille ans.

Mitla, bien que fondée par les Zapotèques, fut occupée par les Mixtèques à qui l'on doit des palais d'une architecture originale. Chaque façade est décorée de mosaïques faites de pierres minuscules qui forment des ornements géométriques, méandres, grecques, scalaires et losanges.

Les palais de Mitla font face à une jolie église coloniale, à côté se trouve un petit marché artisanal où abondent les rebozos, poupées bariolées en laine ou en coton.

Originale aussi cette haie faite de cactus cierge pour délimiter le site archéologique.


Copyright ©1996 par Vincent Di Sanzo
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