Taxco et Acapulco

Samedi 8 octobre,

Un déjeuner fort copieux nous attendait dans une salle à manger en terrasse dont les baies vitrées laissaient apparaître Santa Prisca. Pan cakes, blinis, miel d'érable, quel régal et quel instant de plaisir ! Une longue étape, 270 kms, nous attendait jusqu'à Acapulco. Mais avant nous décidons de jeter un coup d'oeil au marché indien de Taxco pour y faire le plein de couleurs et d'odeurs mais aussi y acheter quelques fruits pour la route. Ce fût la première fois que l'on put admirer ces dessins indiens sur papier à base d'écorce de figuier, les fameuses amates, qui représentent soit des scènes naïves soit des oiseaux lyres.

Pour atteindre Acapulco, situé sur la côte Pacifique il faut traverser la Sierra Madré del Sur. En cours de route nous marquons une halte dans un village indien composé de quelques huttes. Ces huttes vraiment très primitives sont construites avec des rondins de bois et couvertes de paille. D'énormes cactus géants entourent le village. Ces plantes forment de véritables arbres. Ça et là quelques arpents de maïs nous rappellent la nourriture principale des indiens qui semblent dépourvus de tout. Près des huttes ont été installés des greniers à maïs destinés à conserver et à protéger la récolte.

Quelques heures de route et enfin nous atteignons Acapulco, nom magique parmi d'autres. La ville s'étale le long de la baie et se trouve entourée par une chaîne de montagnes. A notre descente de l'autocar une chaleur étouffante enveloppe nos visages, malgré la proximité de l'océan, pas une brise, rien ... De hauts buildings, tous des hôtels de luxe longent la baie. Eternelle question, leur présence défigure-t-elle ce merveilleux cadre ou n'est-ce pas elle qui a donnée le cachet à la ville ? Notre hôtel en bord de mer, bien qu'un peu à l'écart, est fort agréable. Nous nous réunissons sur la terrasse pour l'habituel pot de bienvenue. Sous notre fenêtre plusieurs bassins constituent la piscine ombragée par quelques cocotiers et palmiers dattiers.

Après un repos bien mérité nous décidons de nous offrir une langouste. En route pour le restaurant Amigo Miguel ! Situé dans un quartier populaire cet établissement est spécialisé dans les fruits de mer et sa réputation n'est pas usurpée, loin de là, puisque le lendemain soir nous poursuivions dans la même lignée avec des poulpes et des gambas.

Juste le temps d'entamer une petite ballade digestive et nous voici arrivés au rocher de la Quebrada d'où les fameux plongeurs s'élancent. On raconte qu'auparavant ils sautaient par défi, aujourd'hui ils sont payés pour cela. Ceci dit cela n'enlève rien à l'exploit. Sauter de 30 mètres de haut à la lueur des torches dans une crique qui s'emplit et se désemplit sans arrêt au rythme des vagues n'est pas facile et est très risqué car l'eau est trop peu profonde à cet endroit et le plongeur doit l'atteindre au moment du flux. Admirer ces courageux plongeurs est un spectacle inoubliable.

De retour à l'hôtel et après un chaleureux cocktail nous décidons de prendre un bain de minuit dans la piscine. Enivré de la douceur de la nuit Patrick et moi glissons dans cette eau d'une tiédeur

Dimanche 9 octobre,

Si Acapulco est célèbre pour sa baie elle l'est aussi de par ces magnifiques plages. Nous décidons de découvrir celle de Puerto Marquez, un peu à l'écart de la ville. Là nous attend une baie magnifique, peu fréquentée, une belle plage de sable fin ainsi qu'une végétation luxuriante. Noix de coco et goyaves à profusion, soleil éclatant, nous nous offrons quelques heures de farniente. Sauf Patrick qui décide de s'initier au ski nautique. Nous nous contentons de l'observer de loin.

Après une sieste bienfaitrice nous longeons la plage pour découvrir la végétation environnante. Le paysage emplissait notre regard sur un fond de ciel bleu que rien ne venait troubler.

En début d'après-midi nous rentrons à Acapulco pour faire une petite croisière dans la baie. Pour nous rendre au ponton d'embarquement nous nous essayons aux bus locaux, quoi de mieux en effet pour côtoyer les autochtones. Le bateau longe la côte et nous permet de contempler les villas des célébrités mondiales. De John Wayne aux émirs du pétrole tous ont de magnifiques demeures dans ce paradis d'exotisme. Au cours de la croisière nous faisons connaissance avec une très belle maltaise de père italien et de mère anglaise qui vivait à Londres. Elle était ici pour son travail et s'offrait quelques instants de liberté. Une passionnante discussion s'engagea mi français, mi anglais.

La nuit tombait peu à peu et un spectacle étonnant s'offrait à nouveau, beauté indicible de cette baie au crépuscule. Au loin la ville scintillait de ses myriades de petits points lumineux. Une paix indescriptible régnait sur nos esprits, malgré une légère brise enveloppant nos visages, une certaine langueur nous entraînait dans des songes sans désir et mystérieux ...


Copyright ©1996 par Vincent Di Sanzo
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