Tulum, Xel-ha, Cancun et Mexico

Vendredi 21 octobre,

Aujourd'hui l'étape doit nous mener à Cancun sur la côte des Caraïbes. Caraïbes, nom magique pour nous, esprits européens, nom qui fait rêver nos existences souvent monotones et qui nous fascine.

La végétation qui défile sous nos yeux est celle des marécages qui composent les lagunes côtières du Yucatan. Bientôt nous arrivons à Tulum. C'est la première forteresse maya découverte par les Espagnols en 1517. A l'intérieur d'une vaste enceinte de pierres on découvre un premier temple, dit temple des Fresques, décoré de peintures murales dans lesquelles on retrouve les représentations et les thèmes présentés dans les codex. Les codex sont des manuscrits laissés par les différents peuples de la méso-amérique et qui représentent leur monde, leur vie quotidienne et leur histoire.

Ce n'est qu'en approchant du temple del Castillo que l'on s'aperçoit que le centre de Tulum domine la mer des Caraïbes, l'arrière du temple étant face à la mer. Une minuscule plage de sable fin et d'une blancheur absolue constitue la seule ouverture sur la mer. On raconte que de là s'embarquaient de nombreux pèlerins qui se rendaient à l'île de Cozumel pour y vénérer la déesse Ixchel.

De là, nous glissons doucement dans la mer chaude qui resplendit d'un bleu turquoise variant au gré des fonds marins.

Il est temps de reprendre la route pour Cancun. Mais pas question de quitter si vite cette mer de rêve, direction Xel-ha. Il s'agit d'une lagune aux eaux transparentes où l'on peut admirer de multiples variétés de poissons aux couleurs vives. Du reste les poissons fort bien élevés ne manquent pas de venir happer les miettes de pain que nous leur jetons. Certains de nos compagnons de voyage armés de masques et tubas décident de les accompagner dans leurs évolutions sous-marines. Nous profitons de la lagune fort agréablement aménagée pour déguster de fameuses crevettes grillées.

Enfin nous arrivons à Cancun, étrange ville, bâtie à l'américaine, larges avenues et immeuble en béton mais aussi belles villas et superbes plages, bref une ville sans âme mais qui peut plaire quand même. Ici, évidemment, difficile de manger mexicain, c'est donc dans une pizzeria que nous finirons par dévorer un cazarone aux fruits de mer, fort délicieux du reste.

Samedi 22 octobre,

Dernière matinée dédiée à la déesse Caraïbes. Nous faisons le plein d'azur et de mer turquoise. Quels moments inoubliables que ceux que nous avons vécus. Ne balayent-ils pas nos vies monotones, nos petitesses, nous laissant là, spectateur sans conscience. Fermons les yeux pour mieux sentir ce doux parfum des tropiques envahir nos coeurs ...

Bizarrerie de nôtre itinéraire mais nous voici sur le chemin de Mexico, chemin du ciel il s'entend car plus de 1300 kilomètres nous séparent de la capitale. De l'avion un dernier coup d'oeil nostalgique à la mer des Caraïbes annonce la fin proche de notre voyage. Mais nous n'en sommes pas encore là !

Arrivés à Mexico en milieu d'après-midi, nous attendons longuement l'autocar qui doit nous mener à l'hôtel.

Je savais que le Mexique était un pays où régnait la corruption, dans cette attente forcée j'en eus la flagrante démonstration. Comme dans tous les aéroports les places de stationnement sont fort rares et chères. Alors qu'un policier dressait une contravention, la propriétaire du véhicule arriva et pratiquement sous nos yeux, tendit ses papiers au policier. Celui-ci y retira le billet qui dépassait et remit les papiers à la charmante dame qui s'en alla tranquillement !

L'après-midi fut consacré à quelques achats.

Dimanche 23 octobre,

Cette journée était la dernière de notre voyage passée au Mexique aussi nous devions la fêter dignement. Au programme, ballet folklorique de Mexico et ensuite ballade à Xochimilco, place à la fiesta mexicana !

En route pour le théâtre de Mexico. Là, le ballet national nous offre un aperçu de danses, les unes de type plutôt hispanique, magnifiques robes colorées, larges sombreros, bref tous les clichés du folklore mexicain. D'autres beaucoup plus traditionnelles comme l'extraordinaire danse du cerf ...

Les lumières du théâtres s'estompent. Un homme coiffé d'une tête de cerf apparaît dans un étonnant pantomime de la mort de l'animal. Tous ces mouvements expriment la douleur atroce et la souffrance.

Alors, doucement, il tombe, terrassé ...

La danza del Verado, danse du cerf, d'origine pré-hispanique, est toujours en honneur dans le nord du Mexique. C'est une cérémonie religieuse où l'animal représente un dieu qui se laisse sacrifier pour que l'homme puisse vivre.

Le costume du danseur est très simple. Torse nu, il porte une tête de cerf fixée sur sa tête. Sa poitrine est ornée d'un médaillon, son cou d'un collier. Pieds nus, il porte aux chevilles des 'tenebari', sorte de collier constitué de ficelle sur laquelle sont enfilés des cocons séchées emplies de graines de haricots.

La danse du cerf est précédée de celle des chasseurs. Les danseurs, torse nu, portent un masque de bois figurant un visage aux traits grossiers et une barbe. Chaque danseur s'exécute, alors, le cerf fait son entrée. Doucement il avance, le regard méfiant.

La musique, mélange de flûtes et de tambours au rythme irrégulier, image la nervosité de l'animal. Les pas du danseur imitent d'une manière étrange les mouvements du cerf. L'animal broute puis se désaltère dans une rivière.

Une mélopée s'élève au dessus de la musique présageant l'arrivée des chasseurs. Ils attaquent leur proie, armés d'arcs et de flèches et l'agonie lente et tragique de l'animal commence ...

Et maintenant, en route pour Xochimilco. Situé dans la banlieue de Mexico, les fameux jardins flottants sont la destination de nombreux citadins qui viennent s'y divertir et y prendre le frais. Véritable lieu de fêtes, on y effectue des ballades en barques décorées de fleurs en papier multicolore.
Partout des mariachis jouent le répertoire traditionnel, de la paloma à la cucaracha. Impossible de les éviter le long des nombreux canaux encombrés.

Ces orchestres sont composés de quatre ou cinq musiciens comprenant au moins un guitariste, un violoniste, un trompettiste et bien sûr un chanteur. Leurs costumes chatoyants et leurs imposants sombreros font qu'ils ne passent pas inaperçus.

C'est avec eux que nous passerons nos derniers instants mexicains arrosés copieusement, comme il se doit, de tequila.

Et viva la fiesta mexicana ...


Copyright ©1996 par Vincent Di Sanzo
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