Pier de Lune


Evanescence

J'ai traversé un ruisseau,
Un lac, la mer, une rivière.
J'ai marché le long des rivages
Sous la pluie, sous les orages,
Je ne t'ai jamais trouvé.
J'ai franchi des montagnes, des clairières,
J'ai vu des lions, des lynx,
Des oiseaux, des fleurs, des champs de blé,
Et je ne t'ai jamais trouvé.

Tremblante de fatigue, près du cours d'eau
Je me suis écroulée, suppliant Léthé
De venir me chercher.
Et s'arrêta le temps
Je me rêvai muse.

Sur ton épaule je me penche
Je sens ton souflle sur mon front,
Mes cheveux te caressent le visage,
J'entends ton coeur palpiter
Au rythme de mes pensées.

Je ceins ton front d'une couronne dorée.
De pétales de roses est ta parure
À ton oreille, ces mots, je murmure:
Laisse-toi guider par ma lumière
Lève tes yeux vers moi,
Je plongerai dans les tiens,
Je serai l'éclair de ton chemin.

Je me ferai muse, Calliope ou sirène.

Pier de Lune© tous droits réservés


Lamentations

Oh Muse ! dans quel chemin tu t'es égarée
Pour arborer cette mine allongée
et ce regard éteint ?
Dans quel jeu frivole tu t'es engagée
Pour que soudain tu sois
Le reflet du chagrin ?

Sur ma route j'ai rencontré
Éros bavant de joie, tout réjoui
D'avoir enfin contaminé une muse.
À grandes enjambées il s'est enfui,
Cruel ! te laisser aussi désemparée
Ingrat ! de tant d'amour donné.

C'est donc toi que j'entends
Ce sont tes pleurs, tes lamentations
Que les poètes clament depuis si longtemps.

Pour me joindre à ton chant
J'ai marché dans tes pas
Espérant y trouver Éros
Pour le supplier
D'extirper de ton coeur
Son dard vénéneux.

Où est ta splendeur des beaux jours ?
Tes chants sont lancinants
et plein de détresse.

Soufflent aussi les poètes
Qui sans cesse les répètent
Résonnent leurs voix pleurant
Le coeur d'une muse
Flageolé et saignant,
Qui n'en finit plus de se lamenter.

Pier de Lune© tous droits réservés


Le doute

Lorsque le doute s'installe
Qu'il fait le vide autour de toi
Que blessé au plus profond de ton être
Une souffrance amère va, vient et te ronge
Que tes rêves sombrent dans le vide
Que tes nuits sont noires et longues
Que la nature même ne te réjouit
Qu'au firmament les étoiles pâlissent
Qu'est sourd à ton oreille le murmure des ruisseaux
Que te semble triste le chant des oiseaux
Que la pluie au soleil tu préfères
Que ton coeur a tellement froid
Que tu en frissonnes
Tu sauras enfin que tu m'aimes
Lorsque mon absence se prolonge.

Pier de Lune© tous droits réservés


Le Porteur de Rêves

II est tombé à mes pieds,
Délicatement je l'ai ramassé
Posé contre ma poitrine
Je sentais son coeur palpiter
Je voulais le réchauffer,
Le garder, le réconforter
J' eus beau panser ses blessures
Recoller ses ailes
Ses plaies ne cicatrisaient jamais
Chaque jour venait s'ajouter une blessure nouvelle
Chaque jour je le voyais doucement s'éteindre
Ses yeux tristes me regardaient
lls me demandaient pardon
Avec lui partaient mes rêves.

Puis un jour sa tête vacilla,
Pour toujours il est parti
Je retirai de ses plumes
Entaché de sang
Ce dernier message
"Adieu ! je pars,
Je vous ai tout donné
Je vous aime ".

II m'a quittée emportant avec lui
Mes rêves les plus secrets.
C'était mon messager
Mon porteur de rêves

Pier de Lune© tous droits réservés


Orage

Orage, simple orage
qui a sillonné ton ciel bleu
tant de jours, tant de nuits
éclairs qui n'ont su t'enflammer
et se sont affalés au pied d'une pierre
sans même la toucher

Orage transcendé par l'amour
qui gronde, se déchaîne
Orage au loin qui sombre
rage au corps, coeur déchiré

Orage qui crache ses pleurs
et déverse ses tourments
de torrents en torrents

Orage qui va et vient, épuisé
pleure des larmes de pluie
Orage qui s'éloigne
décline et meurt
vaincu par un ciel bleu
éclatant de froideur

Orage qui n'a fait que passer

Tornade ou ouragan !
T'aurais-je ébranlé ?...

Hélas ! je ne suis plus
que "Goutte de pluie"..

Pier de Lune© tous droits réservés


Sentiers Poétiques ©1998,99 par Vincent Di Sanzo
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ou bien signer le livre d'or.