Emmanuel Hiriart


Solide au milieu de la pente
L'Eglise est une forteresse
Plus forte au milieu du village
Que la tour d'orgueil qui s'offre aux vents.
Solide au centre du village
Elle a vu monter les maisons lourdes
Les hommes dos cassé sous le foin
Le troupeau bête des moutons à clochettes.
L'Eglise est carrée ses pierres sont carrées
Un chrisme simple clôt son enceinte
Tour elle garde le silence
Comme le fruit fragile du premier amour
Qu'il faut sauver des hommes et des cimes.
Mais parfois il s'enfuit seul sur les pentes,
Vole le vol des vautours,
Frémit sur les lèvres d'un passant
Qui le perd sans l'avoir vu passer.


Rodellar
Petite musique des pierres,
Souffrant mille blessures
De mille secrets torrents
Pour mille fois mille ans.
Rodellar
Silence du soleil
Que l'eau comme un serpent
Fuit sous les rochers.
Rodellar je me souviens
Du vieux tracteur qui portait sur sa grille
Fièrement un crâne de bélier
Quatre plumes de vautour
Pour se protéger du temps qui passe
Toute la journée en boitant dans les rues.


A la vierge de Saint Savin (Lavedan)
Corps étrange de Marie,
De son fils au long pouce;
Corps étrange de l'artiste
Qui leur prêta vie,
Qui fit chair le symbole.
Corps étrange que le nôtre,
Emu par cela qu'il ignore,
Qu'il juge obscur et chimérique.


Sentiers Poétiques ©1997 par Vincent Di Sanzo
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