André Pascal


Ariane de L'Arthur

à leur mère, Carole

Ainsi, le garçon
venait des temps légendaires,
la fille étant vouée à l'espace sidéral
sillonné des étoiles rayonnantes à son image

Ainsi, la déesse cosmique
se reflète
au fond du Lac terrestre
l'histoire et le temps
restent divisés
dans le coeur des mères
retrouvant, enfin,
après une si longue errance
la solitude de l'amour
nécessaire pour survivre
respirer et voler

Qui oserait prétendre
que la tristesse des mères
n'est celle de leur amour
quand les yeux des enfants
crient dans le silence
du fond profond
du regard maternel
incommensurablement souverain
innocent dans sa pureté
et durable dans sa démarche ?

Les mères voient
les âmes naître
s'élancer, impétueuses,
dans un ciel illimité...
chant du cygne,
souffrances de l'avenir
espoirs du passé ?

Les mères meurent un peu
tout en naissant -
elles engendrent; par elles,
l'inconnu est grâce
la mort vit,
la mort nous précède désormais
de si loin ...

Andrei Paraschivescu, Paris, le 6 juin 1996


Mère-Dieu

à Letitia

de toute éternité
je suis ta création
en Toi seule je vis
par tes yeux je respire
à la source de ton fleuve d'amour
je m'abreuve
comme un voyageur solitaire
errant sur les sentiers de la mémoire
je t'aperçois : tu n'es pas réelle
tu n'existes pas en chair et en os
tu es immatérielle
créature divine, créatrice d'Amour
je suis ton esclave passionné
durable au-delà de la Mort-Née
interminable,
ton énergie se répand comme une onde
à la surface de mon être
de souffrance en souffrance,
tu me prolonges en dehors de Tout
ubiquité transparente
je t'aime
divinité

Andrei Paraschivescu, Issy, le 27 janvier 1996


Sentiers Poétiques ©1996 par Vincent Di Sanzo
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