Raymond Guillao


Les rivières du Bon Dieu

Rivières que mes mains n'ont pu retenir
Femmes si jolies que les jours m'ont enlevées
Que les tâches au quotidien m'ont arrachées
En robes toutes fleuries pour d'autres amours
Ô bouches d'or ou de nacre ou de mûres très douces
Encloses sur des secrets bien gardés
Ô saveurs et fraîcheurs des jardins d'autrefois
Visages qui avez illuminé ma vie
Comme des bouquets de poèmes éternels
Le temps nous rencontre et nous oublie
Ecrire est magie et plaisir d'écrire


L'amitié (à Huguette Bertrand)

Pour t'écrire c'est facile c'est ainsi c'est magique
Il me suffit d'écouter mon coeur et les rivières de mon pays
Qui savent si bien parler d'amitié et de tendresse

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Pour t'écrire j'ai aussi le langage des images
Et les chemins magnifiques des fleurs et des étoiles
Car ton amitié est à la fois poétique et lumineuse

- * -

Pour t'écrire même le silence y suffirait
Qui est rempli de tous les mots qu'invente l'amitié
Et que traduit le poème pour les sourds et malentendants

Raymond Guillao


Toujours vivant

Miracle repris face à la nuit
Mystère toujours nouveau
Il y a toujours eu au bout des mots
Comme une étoile qui frémit au bout du ciel
Ce goût de lumière cet étrange besoin de dire
Qui repose au coeur même de l'amour
Il y a toujours eu ce feu de bois au poème noué
Ce chant de terre ferme où s'appuie l'Enfance
Ce chant violent et doux où siège notre force
Il y a toujours eu au bout des mots
Avec souvent les sursauts que l'on sait
Au bout du soleil qui se lève de l'amour s'accomplissant
Le courage des hommes la vérité des hommes qui cheminent
Et tel une saveur de raisin frais qu'on brise
Toujours eu cet éclatement en pépites d'or
Pour qu'on oublie jamais de parler

Raymond Guillao


La fille d'Alexis

Alexievna
Que chantent les sources Que jaillissent sèves et fleurs
J'ouvre un été de miel sur les fruits et les corps
Toute une saison rendue au miracle de l'eau
Toute une saison de sable chaud de rires et de bonheur 

Alexievna
Un âge qui invente les baisers d'amour
Et s'en va son chemin de lumière et de fraîcheur
Seize ans Tu balbutiais de tendresse et d'émoi
Cherchant les splendeurs de l'instinct et de l'infini

Alexievna
Une araignée de feu régnait sur ton pubis
O cri très fort l'age qui se donne pour avoir l'âge
Pour vivre avec le sang plus haut que les pudeurs du jour
O je fus roi sans arme ami de la lumière d'été

Alexievna
Le Sahel peut geler le Sahel peut brûler
Mon corps tomber en terre et pourrir C'est égal
Si tes yeux m'accompagnent comme la mer
Et comme la mer éclairent toutes mes saisons

Raymond Guillao


Sentiers Poétiques ©1996 par Vincent Di Sanzo
vous pouvez envoyer un courrier à l'adresse suivante : vdisanzo@wanadoo.fr
ou bien signer le livre d'or.