Irriguée et mis en valeur dès la fin du Moyen-Empire, la région du Fayoum est une des plus fertiles d'Egypte. On y découvre les plus belles couleurs des paysages d'Egypte, les champs et les palmes, l'eau et le désert, le lac salé de Birket Qaroun et le Bahr Youssouf qui coule parallèlement au Nil. Bref, un petit paradis à demi-oublié.


Le Fayoum est célèbre pour l'abondance et la qualité de ses fruits et légumes mais aussi, plus poètiquement, pour les roses, le jasmin et la fleur d'oranger.

L'irrigation est encore assurée par la noria mue par un âne


Sur fond de montagne, un cimetière copte.

Le paysage agraire n'a guère changé, comme au temps des pharaons, le fellah laboure la terre avec une charrue tirée par un boeuf.


Si la ville de Minieh ne possède pas un grand charme, il faut visiter Médinet el Fayoum où l'on peut observer de nombreuses norias et se promener dans son souk. Médinet était l'ancienne capitale du Fayoum connue sous le nom de Crocodilopolis.

Nous arrivons à présent dans la ville d'Arsinoé, anciennement Crocodilopolis parce que les habitants de cette province tiennent le crocodile en grand honneur.
L'on y vénère le crocodile sacré, qui est nourri dans un lac et est docile avec les prêtres. Il s'appelle Souchous et est nourri de blé, de morceaux de viande et de vin par les nombreux visiteurs venus le voir.

(Strabon 17; 1; 38)

Une tour-pigeonnier

Ce soir je trouve notre guide bien mystérieux, impossible de savoir où il nous conduit. Après avoir traversé le Nil, alors que le soleil avait définitivement disparu derrière la montagne, nous atteignons un village perdu. La petite troupe se dirige vers un bâtiment où nous nous engouffrons tous. La minuscule église était pleine à craquer, l'office battait son plein et toute la communauté copte semblait s'être donnée rendez-vous. Etrange sensation que d'assister à cette religieuse cérémonie en terre d'islam, j'y ai vécu un instant de grand partage, une vive émotion. Un de ces petits moments intenses qui forge les souvenirs inoubliables ...

La communauté copte vivait dans un ancien village, un peu au nord d'El Miney, sur la rive orientale du Nil, tout en haut d'un rocher dit Gebel el-Teir, le Rocher de l'Aigle.

Ce sont des Coptes, les descendants de la pure souche égyptienne; à l'époque de Théodose, voici environ mille cinq cents ans, l'un de leurs lointains ancêtres passa des anciens dieux au christianisme. L'on suppose que leur sang est exempt de mélanges musulmans comme nul autre sang d'Egypte.

Amélia Edwards


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Voyage en Egypte © 1997 par Vincent Di Sanzo