D'Assouan la route nous amène à l'embarcadère pour Philae. Sur le chemin, nos pieds foulent le sable du désert qui se soulève dans un nuage roux. Dans ce chaos les scorpions se dandinent nonchalemment d'une pierre à l'autre. Après quelques minutes de barque, nous accostons sur l'île. C'est un port bien étrange, dans sa somptuosité antique, un port d'une mélancolie sans nom, surtout à cette heure jaune du crépuscule extrême.


Le grand temple d'Isis à Philae, établi sur un îlot, fut construit par les Ptolémée. C'est avec ce temple que s'éteignirent les derniers feux de la civilisation égyptienne des pharaons.

Le pylône orné de personnage en bas-reliefs

Ce n'est pas seulement l'âme du passé qui émane ici des pierres, c'est
aussi l'âme de la terre qui s'évade dans le parfum des plantes, c'est l'éther
des lointains espaces qu'on sent vibrer dans la lumière de l'astre médiateur.
O Isis! pensai-je, âme subtile de l'univers immense, toi qui jadis fut adorée
et qui régnais ici sous la figure d'une pure déesse, es-tu morte à jamais ?
Qu'es-tu devenue, toi la grave, la lumineuse, au sourire mystérieux et triste,
mais qui console, déesse de l'initiation, amante d'Osiris, porteuse du lotus,
de cette fleur immortelle que nous nommons l'âme ?...

Edouard Schurré (Sanctuaires d'Orient)



Inachevé, le kiosque de Trajan est un reposoir où la barque d'Isis
effectuait une station lors de son retour sur l'île.


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Voyage en Egypte © 1997 par Vincent Di Sanzo