Louxor - On éprouve une paix soudaine à s'éloigner sur le fleuve large et tranquille, emporté par une felouque. Seul, loin de tous ces solliciteurs de bakchich, les pensées enfin libres de voguer vers ce passé mystérieux si présent.

Terre de bénédiction, terre de poésie! Qu'il fait bon le soir descendre, et promener son regard sur ces lignes harmonieuses! A l'orient, la chaîne rocheuse s'empourpre; au midi, une arête vive, couronnée par quelque tombe de scheik, semble fermer le Nil; les eaux s'étendent mollement, la belle verdure couvre les bords...  L'aspect du Nil me plaît par sa mélancolique grandeur.

Comtesse de Gasparin (Journal d'un voyage au Levant)

Le papyrus poussait à foison sur les rives du Nil. Avec la fibre
de cette plante on faisait, dès les premières dynasties, un fin papier
blanc. Mais les premiers papyrus connus portant des textes
hiéroglyphiques datent de la Ve dynastie.


Ce n'était pas encore la nuit; ce n'était pas des féeries silencieuses. Depuis une demi-heure le soleil était couché quand peu à peu, la lumière morte se mettait à revenir, comme un fantôme. Alors le fleuve se mettait à luire, à s'éclairer mystérieusement, comme illuminé dans ses profondeurs. Ce n'était plus de l'eau, mais seulement une splendeur coulante, paisible et lisse, qui, peu à peu, se mettait à charrier, avec une lourdeur et une opulence d'huile, des traînées, des plaques de pourpre et d'or, des couleurs sombres et pourtant ardentes, toute une vie de lumière incessamment en train de devenir, de s'éteindre, de renaître ...

André Chevillon (Terres mortes)


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Voyage en Egypte © 1997 par Vincent Di Sanzo