Une nuit trop limpide, et de couleur inconnue à nos climats, dans un lieu d'aspect chimérique où le mystère plane. La lune, d'un argent qui brille trop et qui éblouit, éclaire un monde qui sans doute n'est plus le nôtre, car il ne ressemble à rien de ce que l'on a pu voir ailleurs sur terre; un monde où tout est uniformément rose sous les étoiles de minuit et où se dressent, dans une immobilité spectrale, des symboles géants.


Depuis plus de 4000 ans les tombes éternelles de Giza frappent l'imagination des visiteurs. On spécule encore sur la nature des pyramides, sur leurs mystères. Pourtant il n'y a rien à dire, rien à faire, il suffit de regarder, de revenir, de jour, de nuit. La présence de ces masses imposantes occupe alors votre esprit tout entier ... 

Les trois grandes pyramides sont les tombeaux funéraires des pharaons de la IVe dynastie: Khéops, Képhren et Mykérinos. La pyramide est un moyen pour le pharaon défunt de monter vers le firmament et d'y rejoindre le soleil ...

Il faut pénètrer dans la pyramide de Khéops, même si l'air confiné rend la visite éprouvante et même s'il n'y a rien à voir. Car une fois à l'intérieur, au coeur de la chambre royale, on se retrouve enveloppé dans une atmosphère étonnante, étrange.


Comment fut extrait, taillé, transporté sur le plateau de Giza un tel volume de pierre ? Surtout quand on sait que l'Egypte de la IVe dynastie ne connaît pas encore la roue ...


Les pyramides ont vu, sur leur larges bases, les siècles et les dynasties passer comme des vagues de sable, et le sphynx colossal, à la face camarde, sourit toujours à leurs pieds de son sourire ironique et mystérieux.

Théophile Gautier.

Lithographie de David Roberts (1796-1825)

Taillé dans la roche le Sphinx garde la nécropole. Le gigantesque lion à tête humaine coiffé du némès représente le pharaon Khéphren. Entre les deux énormes pattes se dressent un autel à offrandes et une stèle.

Il y aurait à l'intérieur de la statue une chambre secrète où selon la légende seraient cachées de véritables archives de tout le savoir de l'antiquité, scellées dans le quartz.

Des yeux de statue, on en avait vu par milliers, on savait bien qu'ils ne peuvent jamais être que des yeux fixes; alors, pourquoi est-on surpris et glacé par l'immobilité de ce regard du Sphinx, en même temps que vous obsède le sourire de ses lèvres fermées qui semblent garder le mot de l'énigme suprême ?...

Lekegian, 1885 - The University of Chicago



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Voyage en Egypte © 1997 par Vincent Di Sanzo