Au cimetière des mots



Que reste-t-il de nos mystères passés au tamis d'une pensée usée jusqu'à la corde. Secrets fantômes, amas de désirs, hordes nostalgiques funèbres.

Lexique de sentiments dégénérés pour malade obscène, brocardons ces décrépis du vers et brûlons ces hérétiques de l'existence.

Les adjectifs grotesques s'effilochent sur un mur de lamentations, il n'y a plus de mythe à vénérer. C'est l'étreinte fatale et l'agonie pour la parole.

Et je reste muet devant tant d'impostures, images douteuses, métaphores de la déchéance. Laissons vivre l'inexprimable et que le silence engloutisse ces atermoiements.